Mythes et faits à propos des syndicats

MYTHE

Nous n’avons plus besoin des syndicats; les conditions de travail sont bonnes et tout le monde gagne un bon salaire.

Fait

Depuis que les travailleurs se sont unis pour réclamer des salaires justes et de bonnes conditions de travail, les syndicats établissent les normes dont tout le monde bénéficie. Avant l’avènement des syndicats, la majorité du monde travaillait 12 heures par jour, 6 à 7 jours par semaine. Les enfants faisaient les travaux les plus dangereux dans les usines et personne n’avait de congé maladie.

Évidemment, on vit mieux aujourd’hui. Tout le monde bénéficie des avantages sociaux, dont les congés de maternité, les vacances payées et la protection contre la discrimination que les syndicats ont revendiqués et qu’ils ont gagnés.

Cependant, la réalité n’est pas si rose. Les employeurs embauchent leur personnel à temps partiel pour éviter de cotiser aux régimes gouvernementaux. Les jeunes travaillent sans salaire et sans les mesures de protection à titre de stagiaires. Le gouvernement permet aux entreprises de payer aux travailleurs étrangers temporaires des salaires inférieurs à ceux des travailleurs canadiens. Les syndicats jouent encore un rôle important dans l’établissement et le maintien d’un marché de travail équitable au Canada.

MYTHE

Les syndicats empêchent les employeurs de congédier les travailleurs incompétents.

Fait

En réalité, n’importe quelle personne qui peut être embauchée peut être congédiée. Aucune convention n’exige qu’un employeur garde des travailleurs paresseux, incompétents ou fréquemment absents.

Les syndicats doivent s’assurer que les employeurs ont des raisons justifiées de mettre à pied leurs employés. Ils doivent aussi s’assurer que les personnes sont traitées équitablement sans égard à leur race, leur genre, leur capacité physique ou leur orientation sexuelle.

MYTHE

Les syndicats diminuent l’efficacité et la rentabilité des entreprises.

Fait
Les syndicats savent que sans les entreprises rentables il n’y aurait pas de bons emplois. Les travailleurs ont intérêt à ce que leurs entreprises soient concurrentielles et ainsi les syndicats participent activement au développement de formation de pointe et s’assurent que les travailleurs aient des environnements de travail sécuritaires. Ce sont des facteurs importants qui contribuent à l’efficacité, la rentabilité et la compétitivité des entreprises.

MYTHE

Les travailleurs non syndiqués ont les mêmes salaires que les travailleurs syndiqués de la construction et ils n’ont pas de cotisations à payer.

Fait

Étant donné la forte demande pour des travailleurs en construction au Canada, les employeurs paient des salaires horaires élevés. Toutefois, de récentes études indiquent que les travailleurs syndiqués gagnent encore en moyenne 5$ de l’heure de plus que les non syndiqués.

De plus, les travailleurs non syndiqués doivent souvent travailler de longues heures durant plusieurs semaines sans être payés en heures supplémentaires. Ils ont rarement des avantages sociaux tels que l’assurance dentaire, l’assurance médicale ou l’assurance juridique. Les régimes de pensions sont presque inexistants.

MYTHE

Les personnes qui ne veulent pas de syndicat sont souvent forcées à devenir membre et à payer des cotisations.

Fait

Lorsque la majorité des employés d’un milieu de travail vote pour la syndicalisation, ceux qui s’y opposent ne sont pas obligés de devenir membres du syndicat. Par contre, ils doivent payer des cotisations.

À priori, cette obligation peut sembler injuste, mais force est d’admettre que les syndicats négocient les conventions au nom de tous les employés, pas uniquement ceux qui votent en leur faveur. Sans oublier que tout le monde profite des augmentations de salaire et des améliorations de condition de travail.

Les impôts peuvent aussi sembler injustes, surtout si l’on n’a pas voté pour le parti au pouvoir. Nous profitons tous néanmoins des lois et des services que les gouvernements fournissent et nous devons les payer. La même logique s’applique au milieu de travail syndiqué.

MYTHE

Les syndicats se soucient seulement de leur propre bien-être et ils n’ont aucune réticence quant aux grèves et aux interruptions qu’elles provoquent.

Fait

Les grèves font les manchettes et elles peuvent être dérangeantes, mais en fait, environ 95% des conventions aujourd’hui sont négociées sans avoir recours aux grèves.

Aucun syndicat ne souhaite faire la grève, et les personnes les plus pénalisées par la grève sont les travailleurs; songez seulement au piquetage dans une tempête ou au paiement des comptes sans chèque de paie! Les grèves se produisent lorsque les parties ne peuvent conclure une entente et que les travailleurs estiment que les enjeux sont suffisamment importants pour justifier ce sacrifice.

Les syndicats n’agissent pas par égoïsme, au contraire, ils ont toujours travaillé pour obtenir des gains qui profitent à l’ensemble de la collectivité. Le mouvement syndical a lutté pour la santé et l’éducation universelle, le salaire minimum, l’équité salariale, les congés maladie et les régimes de pensions.